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Plan d’électrification : ce qui change pour le chauffage et la voiture

Le gouvernement a présenté le 15 octobre la deuxième phase de son plan d’électrification, soit dix-sept mesures financées pour l’essentiel par les fournisseurs d’énergie. Une prime pouvant atteindre 1 000 euros récompensera les ménages qui quittent le réseau de gaz. Le financement des pompes à chaleur change de guichet au 1er janvier.
 

« Chaque ménage se déconnectant du réseau de gaz recevra une prime de 1 000 euros. » Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a présenté jeudi 15 octobre la deuxième phase du plan « Électrifions la France ! ». 

 

Le ministère parle d’une prime « jusqu’à 1 000 € par logement », dont le montant variera selon les territoires, d’après le comparateur JeChange. Elle vaudra dans les zones de sortie du gaz qui seront délimitées d’ici mars 2027 au sein de 109 « territoires d’électrification », Corse exclue. Le gouvernement vise environ 300 000 logements d’ici 2030. 

 

Aucune condition de ressources n’a été publiée à ce stade. Comme la plupart des dix-sept mesures, elle sera financée par les certificats d’économies d’énergie (CEE), un dispositif qui oblige les fournisseurs d’énergie à financer des économies chez leurs clients, et dont le coût se répercute sur les factures.
 

Le gaz chauffe encore plus d’un logement sur trois. Selon l’Insee, 35 % des résidences principales de métropole étaient chauffées au gaz en 2022, 36 % à l’électricité et 8,5 % au fioul, soit 2,6 millions de logements. Le calendrier des prix joue en faveur du plan : le prix repère du gaz calculé par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) augmentera de 6,6 % au 1er novembre, à 194,90 euros le mégawattheure, quand le tarif réglementé de l’électricité a progressé de 2,51 % au 1er août.
 

Pompe à chaleur : MaPrimeRénov’ passe la main
 

Le principal changement touche les pompes à chaleur (PAC) air-eau et géothermiques. À partir du 1er janvier 2027, elles ne seront plus financées par MaPrimeRénov’, l’aide de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), mais uniquement par les CEE. Pour une maison de 90 mètres carrés située dans la zone climatique la plus froide (H1), le gouvernement annonce des aides moyennes de 4 200 à 11 500 euros selon les revenus. En 2026, 

 

MaPrimeRénov’ n’accordait rien aux ménages les plus aisés pour une PAC air-eau, contre 3 000 à 5 000 euros pour les autres ; le barème annoncé leur attribue 4 200 euros. Les artisans se méfient de l’« offre intégrée », en place depuis le 1er octobre, qui regroupe dans un même crédit la pompe à chaleur, sa pose, sa maintenance et, en option, un prix de l’électricité fixe. « On va devenir des sous-traitants », redoutait au salon Interclima Nicolas Vincent, responsable technique de l’Union des métiers du génie climatique, de la couverture et de la plomberie (UMGCCP) de la Fédération française du bâtiment.
 

Pour le fioul, l’interdiction d’installer une chaudière neuve, en vigueur depuis 2022, sera étendue au biofioul par des textes attendus avant le 1er mars 2027. Le gouvernement veut diviser par deux d’ici 2030 le nombre de ménages qui se chauffent ainsi. À partir de fin novembre, 50 millions d’euros financeront dans les territoires d’électrification le prêt de radiateurs, l’enlèvement des cuves et des chèques énergie, en échange de l’installation d’une PAC. L’UFC-Que Choisir a nuancé l’enthousiasme : « Électrifier, c’est bien, isoler, c’est mieux », a réagi sa présidente sur Franceinfo.
 

Voiture : une borne aidée et des voiturettes mieux soutenues
 

Côté automobile, une aide de 500 euros financera au 1er janvier l’installation d’une borne de recharge pilotable dans une maison individuelle. Elle sera intégrée à la prime CEE pour l’achat d’un véhicule électrique neuf, réservée aux modèles vendus 47 000 euros au plus. Selon le Journal de l’automobile, qui cite un document de Bercy que le ministère n’a pas confirmé, les acheteurs d’une voiture électrique d’occasion pourraient aussi en profiter. Pour les quadricycles lourds, ces petites voitures électriques limitées à 90 km/h, l’aide sera portée à 2 000 euros s’ils sont assemblés dans l’Espace économique européen. Les quadricycles légers, limités à 45 km/h et accessibles sans permis, recevront aussi un soutien, dont le montant n’est pas précisé. Assemblées au Maroc, la Citroën Ami et la Fiat Topolino n’ont pas l’assurance d’y avoir droit, selon la presse spécialisée.
 

Reste le coût à l’usage. Le réseau de recharge Le Plein a comparé une voiture essence consommant 6 litres aux 100 kilomètres et un modèle électrique à 17 kilowattheures, rechargé à 0,25 euro. À 15 000 kilomètres par an, le budget énergie passe de 2 007 à 638 euros, soit 1 370 euros d’économie. Son calcul retient un litre à 2,23 euros, plus cher que les 2,15 euros relevés pour le SP95-E10 le 16 octobre, et exclut l’achat, l’entretien et l’assurance. Les ménages modestes peuvent aussi passer par le leasing social, ouvert depuis le 16 juillet : un loyer de 200 euros par mois au plus, pour un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 16 880 euros.
 

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