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Livret A à 1,7 % : la hausse du taux ne protège toujours pas de l'inflation

Le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 % le 1er août, une première remontée après plusieurs mois de baisse. Avec une inflation à 2,8 % en zone euro, le placement préféré des Français continue pourtant de faire perdre du pouvoir d'achat à ses 57 millions de détenteurs.
 

C'est officiel depuis quelques jours : au 1er août, le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 %. Une hausse bienvenue après plusieurs mois de baisse, et qui concerne quelque 57 millions de détenteurs, rappelle la fintech Mon Petit Placement dans un communiqué diffusé le 28 juillet. Dans un contexte économique encore incertain, où les Français privilégient massivement les placements sans risque, ce regain d'attractivité pourrait inciter beaucoup d'entre eux à regonfler leur bas de laine. Mais avant de se réjouir, mieux vaut sortir la calculette.
 

Concrètement, un livret rempli jusqu'au plafond de 22 950 euros rapportera environ 390 euros d'intérêts sur un an, contre 344 euros au taux actuel. Soit 46 euros de mieux, exonérés d'impôt comme de prélèvements sociaux. Pour 1 000 euros placés, le gain annuel passe de 15 à 17 euros. Appréciable, mais pas de quoi changer une vie.
 

Pourquoi le taux remonte-t-il ? Parce qu'il ne sort pas d'un chapeau. Deux fois par an, au 1er février et au 1er août, la Banque de France le recalcule selon une formule qui fait la moyenne entre l'inflation hors tabac des six derniers mois et les taux d'intérêt à court terme de la zone euro, ceux auxquels les banques se prêtent de l'argent au jour le jour. Quand les prix accélèrent, le taux du livret suit, avec un temps de retard. C'est ce rattrapage qui joue aujourd'hui.
 

Un rendement toujours inférieur à l'inflation
Le problème, c'est que le compte n'y est pas. « Si le Livret A affiche désormais un rendement de 1,7 %, celui-ci reste inférieur à l'inflation, qui s'établissait à 2,8 % en juin 2026 dans la zone euro », souligne Mon Petit Placement. La conséquence est mécanique : une épargne placée exclusivement sur un support qui rapporte moins que la hausse des prix perd du pouvoir d'achat au fil du temps. Le capital est garanti, le nombre d'euros sur le livret augmente, mais ce que ces euros permettent d'acheter diminue. À taux et inflation constants, l'écart dépasse un point par an.
 

Faut-il pour autant vider son Livret A ? Non. Disponible à tout moment, garanti par l'État, totalement liquide, il reste l'outil de référence pour l'épargne de précaution, celle qui sert à absorber une panne de voiture ou un trou dans le budget. Ses limites apparaissent ailleurs : financer un projet à cinq ou dix ans, préparer sa retraite ou faire fructifier durablement un patrimoine. Sur ces horizons longs, son rendement ne rivalise pas avec le potentiel des placements investis sur les marchés financiers.
 

Le piège du livret trop plein
Or beaucoup d'épargnants dépassent largement le stade de la précaution. Selon Mon Petit Placement, nombre d'entre eux continuent d'accumuler sur leurs livrets réglementés des sommes bien supérieures à leurs besoins de sécurité, faute d'oser franchir le pas vers d'autres placements. La stratégie que défend la fintech, créée en 2017 pour démocratiser l'investissement auprès des particuliers, tient en deux temps : conserver une réserve disponible sur des supports sécurisés, puis investir progressivement le surplus sur des solutions de long terme, au potentiel de performance supérieur. « Cette hausse est une bonne nouvelle pour les Français qui souhaitent sécuriser leur épargne de précaution. En revanche, il serait dommage qu'elle conduise à délaisser les autres solutions d'investissement », avertit Thomas Perret, fondateur de la société lyonnaise. Et d'ajouter : « La vraie question n'est pas de choisir entre Livret A et investissement, mais de savoir quelle place donner à chacun dans son épargne. »
 

Les flux d'épargne du premier semestre illustrent d'ailleurs cet arbitrage. Pendant que le Livret A subissait une décollecte de près de 6 milliards d'euros, l'assurance vie signait une collecte nette record de 36,5 milliards, d'après le Cercle de l'Épargne. Les ménages qui en ont les moyens ont déjà commencé à déplacer leurs liquidités vers des supports mieux rémunérés.
 

Les 0,2 point supplémentaires du 1er août ne bouleverseront donc pas la hiérarchie des placements. Ils amortissent l'érosion du pouvoir d'achat des 57 millions de livrets, sans l'arrêter. Pour l'épargne des projets et de la retraite, la réponse se trouve toujours ailleurs : une réserve de sécurité sur le livret, et le reste investi en fonction de son horizon et de son appétit pour le risque.
 

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