Assurance vie

Assurance vie : 6,7 milliards d'euros collectés en juin, un record depuis 1997

Les Français n'ont jamais autant misé sur l'assurance vie. En juin, la collecte nette a atteint 6,7 milliards d'euros, du jamais-vu pour ce mois depuis le début des statistiques de France Assureurs en 1997, selon le Cercle de l'Épargne. Et avec 36,5 milliards engrangés en six mois, le placement signe le deuxième meilleur semestre de son histoire.
 

Du jamais-vu en près de trente ans de statistiques. En juin, les Français ont versé sur leurs contrats d'assurance vie 6,7 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré, selon le communiqué publié jeudi 30 juillet par le Cercle de l'Épargne, qui s'appuie sur les données de France Assureurs. Cette « collecte nette », c'est-à-dire la différence entre les versements des épargnants et leurs retraits, n'avait jamais atteint un tel niveau pour un mois de juin depuis le début de la série statistique, en 1997. Le précédent record remontait à juin 2007, avec 5,417 milliards d'euros.
 

Juin réussit traditionnellement bien à l'assurance vie, avec une collecte moyenne de 1,5 milliard d'euros sur les dix dernières années. Le cru 2026 fait plus de quatre fois mieux. Il dépasse aussi de 1,3 milliard celui de juin 2025 (5,247 milliards). On est loin du printemps 2020, quand la crise du Covid avait provoqué la dernière décollecte pour ce mois (−414 millions d'euros). Depuis 1997, l'assurance vie n'a d'ailleurs connu que trois mois de juin dans le rouge : 2020, 2013 (−217 millions) et 2012 (−1,341 milliard). Tous mois confondus, le record absolu reste celui de janvier 2006, à +9,336 milliards d'euros. Il n'est plus si loin.
 

Les unités de compte font la course en tête
Le moteur de cette collecte, ce sont les supports en unités de compte : ces poches des contrats investies en actions, en obligations ou en immobilier, dont le capital n'est pas garanti mais qui profitent de la bonne tenue des marchés financiers. Elles ont capté 5,4 milliards d'euros en juin, contre 1,3 milliard pour les fonds en euros, le compartiment sécurisé de l'assurance vie.
 

Sur l'ensemble du premier semestre, la collecte nette atteint 36,5 milliards d'euros, soit 8,9 milliards de plus qu'un an plus tôt. Un seul semestre a fait mieux dans l'histoire du placement : le premier de 2006, avec 40,2 milliards. Là encore, les unités de compte dominent (+27,5 milliards d'euros contre +8,9 milliards pour les fonds en euros), même si ces derniers ont retrouvé une collecte nettement positive.
 

Les versements bruts, eux, battent tous les records. Les cotisations ont atteint 108,8 milliards d'euros en six mois, au-delà du précédent sommet du premier semestre 2025 (97,661 milliards). Le semestre écrase aussi ceux de 2024 (92,733 milliards) et de 2023 (81,133 milliards). Rien qu'en juin, les épargnants ont déposé 19,3 milliards d'euros, un record pour ce mois : les versements ont progressé de 15 % sur les unités de compte et de 10 % sur les fonds en euros par rapport à juin 2025. Les unités de compte ont représenté 43 % des cotisations du mois (39 % sur le semestre). Les sorties restent contenues : 12,6 milliards d'euros de prestations versées en juin (+7 % sur un an) et 72,3 milliards sur le semestre (+2 %), les rachats sur les fonds en euros étant même en baisse de 4 % sur le mois. Résultat, l'encours total, c'est-à-dire l'ensemble des sommes logées dans les contrats, culmine à 2 162 milliards d'euros fin juin, en hausse de 6 % sur un an (+122 milliards).
 

Le match avec le Livret A tourne court
D'où vient cet engouement ? Des rendements, d'abord. Les fonds en euros ont bien tenu, et les marchés financiers ont dopé les unités de compte. Depuis l'an dernier, les ménages en tirent les conséquences : ils déplacent une partie des liquidités accumulées sur leurs livrets réglementés, dont la rémunération a baissé, vers l'assurance vie. Le Livret A a ainsi perdu près de 6 milliards d'euros au premier semestre, quand l'assurance vie en gagnait plus de 36. « Dans un contexte de forte épargne, l'assurance vie est, depuis le début de l'année, le placement phare », résume Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Épargne. Placement privilégié des classes moyennes et aisées, elle permet de préparer sa retraite ou la transmission de son patrimoine, tout en restant disponible en cas de coup dur.
 

Reste l'échéance du 1er août : le taux du Livret A passe de 1,5 % à 1,7 %. De quoi ramener les épargnants vers le livret défiscalisé ? Philippe Crevel n'y croit pas : « La hausse du taux du Livret A à compter du 1er août 2026 ne devrait guère changer la donne. » À 1,7 %, le livret restera sous l'inflation. L'assurance vie, elle, permet de doser entre la sécurité des fonds en euros et le potentiel des marchés. Les épargnants ont visiblement fait leur choix.
 

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