Immobilier
DPE : le coefficient de l'électricité encore abaissé en 2027
Un projet d'arrêté en consultation publique jusqu'au 6 août prévoit d'abaisser le coefficient de conversion de l'électricité de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027, un an seulement après la précédente révision. Des centaines de milliers de logements chauffés à l'électricité changeraient d'étiquette sans travaux, et le principal syndicat du diagnostic immobilier alerte sur la crédibilité du DPE.
Troisième révision en six ans. Le coefficient d'énergie primaire de l'électricité, cette valeur technique qui convertit les kilowattheures facturés aux ménages en kilowattheures d'énergie primaire dans le calcul du diagnostic de performance énergétique, s'apprête à baisser une nouvelle fois.
Hérité des années 1970 à 2,58, ramené à 2,3 en 2021 puis à 1,9 au 1er janvier 2026, il passerait à 1,7 au 1er janvier 2027 selon le projet d'arrêté que le ministère de la Transition écologique a mis en consultation publique jusqu'au 6 août. Le texte, transmis au Conseil supérieur de l'énergie le 8 juillet, doit y être examiné le 23 juillet avant une éventuelle publication au Journal officiel.
La logique gouvernementale est assumée depuis la présentation du plan d'électrification, le 23 avril : réduire le handicap dont souffre l'électricité dans le DPE pour accélérer la sortie des énergies fossiles et encourager l'installation de pompes à chaleur, alors que le mix électrique français est très largement décarboné. L'exécutif rappelle que le cadre européen permet de descendre le facteur de conversion jusqu'à environ 1,7.
300 000 à 500 000 logements sortiraient du statut de passoire
Les conséquences seraient tout sauf théoriques. Les premières estimations évoquent 300 000 à 500 000 logements chauffés à l'électricité qui quitteraient les classes F et G sans le moindre chantier, dont environ 125 000 locations du parc privé aujourd'hui visées par les interdictions de louer. La précédente révision, entrée en vigueur en janvier 2026, avait déjà fait sortir quelque 850 000 logements du statut de passoire énergétique. Comme en 2026, les propriétaires n'auront aucun diagnostic à refaire : une attestation de nouvelle étiquette pourra être téléchargée gratuitement sur l'observatoire DPE-Audit de l'Ademe, pour tous les DPE réalisés depuis juillet 2021.
Le premier syndicat du diagnostic redoute une perte de repères
C'est précisément cette répétition des changements qui inquiète Sidiane, le premier syndicat interprofessionnel du diagnostic immobilier, dans un communiqué diffusé le 16 juillet. L'organisation dit comprendre les motivations de la réforme, l'électrification des usages et l'équipement des ménages en pompes à chaleur, mais alerte les pouvoirs publics sur les conséquences de ces évolutions répétées pour la compréhension du DPE par le grand public. Deux changements de méthode en deux ans, avec à chaque fois des reclassements massifs sans travaux, brouillent le message adressé aux propriétaires comme aux locataires : une étiquette E obtenue par simple effet de coefficient ne dit rien de la facture réelle ni du confort d'hiver. Pour le syndicat, il en va de la crédibilité d'un outil devenu central dans la politique de rénovation énergétique, puisque le DPE conditionne les interdictions de location, les obligations d'audit et l'accès aux aides.
Le calendrier ajoute un enjeu de gestion pour les bailleurs : un logement reclassé au 1er janvier 2027 échapperait aux restrictions de location, mais les propriétaires qui engagent des travaux d'ici là sur la foi de l'étiquette actuelle pourraient voir leur plan de financement bousculé, le gain de deux classes exigé par certaines aides devenant plus difficile à atteindre après reclassement automatique.
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