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Épargne : les Français plébiscitent le Livret A mais avouent leurs lacunes

Alors que le taux des livrets réglementés doit être révisé au 1er août, une étude publiée le 9 juillet par la Caisse d'Épargne dresse le portrait d'épargnants attachés à leurs produits fétiches mais dont la culture financière reste limitée. Un constat qui relance la question de la pédagogie, au moment où les Français n'ont jamais autant mis de côté.
 

Le calendrier n'est pas anodin. À quelques semaines de la révision du taux du Livret A, la Caisse d'Épargne publie une étude sur le rapport des Français à leur épargne. Et le verdict est sans appel : si les Français épargnent massivement, ils connaissent mal les outils à leur disposition.
 

Un trio de tête indéboulonnable
Sans surprise, le Livret A, l'assurance-vie et le PEL forment le trio de tête des produits d'épargne les plus connus des Français. Derrière ces piliers historiques, la notoriété s'effondre rapidement : moins d'un Français sur deux déclare connaître le PEA (45 %), et ils ne sont plus que 34 % pour les cryptoactifs, 31 % pour le compte titres, 26 % pour le compte à terme et les FCP/SICAV.
 

Le cas des ETF est particulièrement frappant. Ces fonds indiciels cotés, devenus en quelques années le produit d'entrée de gamme préféré des investisseurs particuliers dans le monde entier, ne sont connus que de 9 % des épargnants français. Chez les 18-24 ans, censés être la génération la plus à l'aise avec les plateformes d'investissement, le score tombe même à 8 %. Seuls les 25-34 ans font mieux, avec 17 % de connaisseurs.
 

Le Livret A, matelas de sécurité et porte d'entrée
L'étude confirme le statut à part du Livret A dans le patrimoine des Français. Pour 52 % des épargnants, il constitue avant tout « un matelas de sécurité pour les urgences ». Il joue aussi un rôle de « produit d'entrée » dans l'épargne : on commence par remplir son livret avant d'envisager, éventuellement, d'autres supports.
Ce réflexe de précaution a une contrepartie : une allocation de l'épargne qui reste massivement orientée vers les produits liquides et garantis, au détriment de placements de plus long terme, potentiellement plus rémunérateurs. Un enjeu d'autant plus sensible que la baisse attendue du taux du Livret A va mécaniquement rogner le rendement de cette épargne de précaution.
 

La génération crypto avant la génération Bourse ?
Autre enseignement notable : les jeunes générations affichent un tropisme marqué pour les cryptoactifs. Les cryptomonnaies sont connues par 35 % des moins de 35 ans, un score quasi identique à celui de l'ensemble des épargnants (34 %). Mais l'appétence est nettement plus forte : 26 % des 18-35 ans se disent prêts à y investir, et même 34 % des 18-24 ans, contre 17 % en moyenne.
Un paradoxe se dessine : une génération qui méconnaît les ETF, produit diversifié et peu coûteux, mais se déclare prête à investir dans les cryptoactifs, autrement plus volatils. De quoi interroger sur les canaux par lesquels les jeunes construisent leur culture financière, entre réseaux sociaux et influenceurs.
 

La pédagogie, « plus indispensable que jamais »
Pour la Caisse d'Épargne, la conclusion s'impose d'elle-même. « Cette étude le souligne une nouvelle fois : il est indispensable de faire de la pédagogie auprès des Français. En matière d'épargne, la diversification des placements est souvent clé », souligne la banque, qui rappelle que « nos conseillers sont mobilisés pour les accompagner et les aider à faire les bons choix à chaque étape de leur vie selon leur profil, leur âge, leurs projets et leurs priorités ».
 

Au-delà du plaidoyer pro domo, le constat rejoint celui de nombreux acteurs de la place : dans un contexte d'inflation encore tendue et d'un taux d'épargne des ménages historiquement élevé, l'enjeu n'est plus de convaincre les Français d'épargner, mais de les aider à mieux épargner. La révision du taux du Livret A, qui rappellera à des millions d'épargnants que leur placement préféré n'est pas éternel dans son rendement, pourrait être l'occasion de ce déclic.
 

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