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Assurance auto : ce que le lieu de stationnement change vraiment sur votre prime

Garage individuel, parking collectif, voie publique : l'endroit où dort votre véhicule peut peser sur le montant de votre prime d'assurance. Mais ce critère n'est pas pris en compte par tous les assureurs et il interagit avec une multitude d'autres paramètres.
 

C'est un paramètre sur lequel les automobilistes ont peu de marge de manœuvre, et qui influence pourtant le prix de leur assurance auto : le lieu de stationnement habituel du véhicule. La logique est intuitive. Une voiture qui dort à l'extérieur est statistiquement plus exposée aux vols et aux actes de vandalisme qu'un véhicule garé dans un box fermé. Les assureurs en tirent les conséquences, mais avec des approches très différentes d'un acteur à l'autre. Pour un automobiliste qui souhaite optimiser son budget assurance, mieux comprendre cette mécanique permet d'éviter les mauvaises surprises et de poser les bonnes questions au moment de la souscription.
 

Un critère intégré par certains assureurs, ignoré par d'autres
Pour Nicolas Turus, responsable de l'offre chez Meilleurtaux Assurances, le stationnement à l'extérieur entraîne de plus gros risques de vol ou de vandalisme, et les assurés paient en général plus cher si le véhicule ne dort pas à l'abri. Ce facteur est souvent croisé avec la zone géographique : une voiture stationnée sur la voie publique dans une grande ville à fort taux de sinistres coûtera nettement plus cher qu'un véhicule garé sur la voie publique d'une petite commune. Dans certaines villes particulièrement sinistrées, certains assureurs vont jusqu'à refuser de couvrir des véhicules non garés en garage fermé, ou ne proposent que la formule au tiers.
 

Tous les assureurs ne suivent toutefois pas cette logique. À la Maif, par exemple, le lieu de stationnement est identifié et intégré dans la connaissance du risque, mais ne fait pas varier le prix selon Pierre Bécot, chargé des produits automobiles. Dans une logique de mutualisation des risques, le tarif ne doit pas dépendre, selon cette mutuelle, d'une contrainte d'environnement que l'assuré ne maîtrise pas. La divergence d'approche entre acteurs invite à comparer plusieurs offres, en particulier pour les automobilistes habitant en zone urbaine dense ou ne disposant pas de stationnement privatif.
 

Des écarts réels, mais brouillés par une multitude de paramètres
Les statistiques recueillies par MoneyVox Market Intelligence, qui analyse les données issues de milliers de simulations sur le comparateur Meilleurtaux, confirment la tendance générale. Pour une formule tous risques et un conducteur ayant un bonus maximal de 50 %, les primes moyennes sont systématiquement plus élevées lorsque le véhicule est garé dans la rue plutôt que dans un garage fermé individuel. La hiérarchie n'est toutefois pas toujours linéaire.
 

Pour une citadine et un conducteur 50 % de bonus, la prime moyenne est de 491 euros pour un garage individuel fermé, 492 euros pour un jardin privé fermé, 524 euros pour un parking collectif en plein air, 535 euros pour un parking collectif fermé et 517 euros pour un stationnement sur la voie publique. Le constat surprend : un parking collectif fermé ressort plus cher qu'un stationnement sur voie publique, ce qui contredit l'intuition initiale. 

 

L'explication tient à la pluralité des facteurs entrant dans le calcul. Les garanties souscrites, la valeur du véhicule, la zone géographique, le profil du conducteur, le kilométrage annuel, la marque, le modèle, l'année de mise en circulation, l'historique de sinistres : autant de paramètres qui pèsent souvent davantage que le seul lieu de stationnement.
 

Pour un automobiliste, l'enseignement pratique est triple. Premièrement, déclarer correctement le lieu de stationnement est obligatoire : une fausse déclaration peut entraîner une déchéance de garantie en cas de sinistre. Deuxièmement, comparer plusieurs assureurs reste la meilleure manière d'optimiser sa prime, car les écarts entre acteurs peuvent dépasser de très loin l'effet d'une variation de stationnement. 

 

Troisièmement, dans une réflexion patrimoniale plus large, par exemple lors de l'achat d'une résidence secondaire ou d'un bien locatif, la disponibilité d'un stationnement sécurisé peut entrer dans l'arbitrage, en particulier dans les zones sensibles. Un détail apparemment secondaire peut peser sur les charges récurrentes du foyer.
 

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