Assurance vie
Assurance vie : un mois de mars record, la collecte ne faiblit pas
Avec 6 milliards d'euros de collecte nette en mars 2026, l'assurance vie signe son meilleur mois de mars depuis 2010, selon France Assureurs. Une dynamique commerciale qui se prolonge mois après mois et redessine la hiérarchie des placements préférés des Français.
L'assurance vie ne marque pas le pas. Les épargnants ont déposé 6 milliards d'euros de plus qu'ils n'en ont retiré sur leurs contrats en mars, selon les données publiées par France Assureurs, la fédération du secteur. C'est un record depuis 2010 pour ce mois de l'année. La collecte nette progresse de 2,2 milliards d'euros par rapport à mars 2025, confirmant une tendance porteuse installée depuis plusieurs trimestres. En 2025, le placement préféré des Français avait déjà engrangé 50,6 milliards d'euros nets, un niveau plus vu depuis quinze ans. La trajectoire de 2026 s'inscrit dans cette continuité.
Une dynamique alimentée par les versements bruts et les unités de compte
Au-delà de la collecte nette, c'est l'ensemble des indicateurs qui pointe à la hausse. Les cotisations brutes — c'est-à-dire les versements effectués par les épargnants — ont atteint 18,3 milliards d'euros en mars, en progression de 17 % sur un an. Elles signent leur plus haut niveau historique pour un mois de mars. Sur le premier trimestre, les cotisations cumulées s'établissent à 57 milliards d'euros, en hausse de près de 7 milliards sur un an, soit +14 % par rapport aux trois premiers mois de 2025.
Détail significatif : la dynamique concerne aussi bien les supports en euros, à capital garanti, que les unités de compte (UC), plus risquées mais potentiellement plus rémunératrices, qui progressent toutes deux de 17 %. Cette parité témoigne d'un changement de comportement déjà observé depuis 2023. Les épargnants ne se contentent plus du fonds en euros par défaut : ils acceptent d'intégrer une part de risque mesurée, à la faveur d'un environnement de taux qui rend les actions, l'immobilier coté ou le non-coté à nouveau attractifs sur longue période. Pour un conseiller en gestion de patrimoine, c'est aussi le signe d'une maturation : la diversification au sein de l'enveloppe progresse, ce qui permet d'aligner plus finement l'allocation sur l'horizon et le profil de risque réel du client.
Une enveloppe désormais centrale dans le patrimoine des Français
Cette hausse des dépôts s'accompagne d'une augmentation des prestations versées par les assureurs — fonds retirés lors d'un rachat ou versés aux bénéficiaires en cas de décès. Elles s'élèvent à 12,3 milliards d'euros en mars (+4 %) et à 37,7 milliards depuis le début de l'année (+3 %). La progression est mesurée, ce qui confirme que les épargnants ne désertent pas leurs contrats : ils les rechargent. Le différentiel positif entre versements et retraits alimente une encours qui dépasse aujourd'hui largement les autres enveloppes financières des ménages français.
Cette vitalité s'inscrit dans un contexte d'épargne historiquement élevée. Le taux d'épargne des Français reste l'un des plus hauts d'Europe, à 17,9 % au quatrième trimestre 2025 selon l'Insee, malgré un léger recul. Inquiets pour leur avenir — pouvoir d'achat, retraite, transmission —, les ménages continuent de privilégier les placements de long terme assortis d'une fiscalité avantageuse. Aujourd'hui, environ 20 millions de Français détiennent au moins un contrat d'assurance vie, pour un capital moyen supérieur à 100 000 euros par souscripteur, souvent réparti sur plusieurs contrats.
Pour un client accompagné, ces chiffres confirment la place centrale de l'assurance vie dans toute stratégie patrimoniale : enveloppe de capitalisation, outil de transmission, support de diversification, et désormais véhicule d'accès au non-coté. Encore faut-il actualiser régulièrement la composition du contrat, vérifier la pertinence des unités de compte référencées, examiner les frais courants et reconsidérer la clause bénéficiaire à chaque évolution familiale. La dynamique commerciale du marché ne dispense pas, en effet, d'un suivi individuel rigoureux.
Plusieurs facteurs expliquent ce regain. Le rendement moyen des fonds en euros s'est établi autour de 2,65 % en 2025 selon l'ACPR, retrouvant une compétitivité que le Livret A à 1,5 % a perdue. La hausse de la CSG sur la plupart des revenus du capital, instaurée en janvier 2026, a renforcé l'attrait relatif de l'assurance vie expressément maintenue à 17,2 % de prélèvements sociaux. La fiscalité après huit ans de détention — abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple — reste inégalée pour les rachats programmés.
Enfin, le cadre successoral spécifique de l'article 990 I du Code général des impôts continue d'offrir un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans, ce qui en fait un outil de transmission incontournable.
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