Assurance vie

Ce courrier que 11 millions de Français jettent sans l'ouvrir peut vous faire gagner gros

Chaque début d'année, entre janvier et mars, un document atterrit dans la boîte aux lettres (ou la boîte mail) de 11 millions de salariés français. Son nom ? Le relevé annuel de situation d'épargne salariale. Son destin habituel ? Finir au fond d'un tiroir, quand il n'est pas purement et simplement ignoré. Et pourtant, ces quelques pages renferment des informations qui peuvent peser lourd sur votre fiscalité, vos projets et votre future retraite.
 

Un récapitulatif annuel obligatoire, instauré par la loi Pacte
Depuis la loi Pacte de 2019, les teneurs de compte d'épargne salariale ont l'obligation d'envoyer ce relevé au cours du premier trimestre, pour tous les bénéficiaires d'un plan d'épargne entreprise (PEE), d'un plan d'épargne retraite collectif (PERECO, ex-PERCO) ou d'un PER obligatoire. Le document dresse un bilan complet de l'année écoulée : les sommes investies, les supports choisis, l'évolution de votre épargne, les frais facturés, et les options de gestion retenues.
Pour ceux qui ne consultent pas régulièrement leur espace en ligne, c'est souvent la seule occasion de l'année de se rappeler ce qu'ils possèdent. Et d'agir en conséquence.
 

Vérification n°1 : avez-vous capté tout l'abondement de votre employeur ?
C'est le premier réflexe à avoir. Beaucoup d'entreprises complètent les versements de leurs salariés sur le PEE ou le PERECO par un abondement, c'est-à-dire un bonus versé par l'employeur. Certaines abondent jusqu'à 300 % des sommes investies par le salarié, dans la limite de plafonds fixés chaque année en fonction du Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). En 2026, ces plafonds s'établissent à 3 844 euros pour un PEE et 7 689 euros pour un PERECO.
 

Le hic, c'est que l'abondement est un droit qui s'éteint chaque 31 décembre. Si vous n'avez pas versé suffisamment pour déclencher l'abondement maximal en 2025, l'enveloppe non utilisée est définitivement perdue : elle n'est pas reportable sur l'année suivante. Votre relevé annuel vous permet de vérifier si vous avez bien exploité cette manne qui, rappelons-le, est exonérée d'impôt sur le revenu.
 

Vérification n°2 : vos versements sur le PER sont-ils bien déduits de vos impôts ?
Les sommes que vous versez volontairement sur un PER (qu'il soit collectif ou obligatoire) sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond indiqué chaque année sur votre avis d'imposition. En 2026, le Budget prévoit d'ailleurs que ce plafond est désormais cumulable sur cinq ans (contre trois auparavant), ce qui offre davantage de souplesse.
 

Votre relevé annuel vous permet de vérifier deux choses essentielles : que vous avez bien opté pour la déductibilité fiscale de vos versements, et que les montants pré-remplis dans votre déclaration d'impôts correspondent à la réalité. Un oubli ou une erreur peut vous coûter plusieurs centaines d'euros de réduction fiscale non réclamée.
 

Vérification n°3 : gare aux frais cachés, surtout après un départ
Tant que vous êtes salarié de l'entreprise, les frais de tenue de compte de votre épargne salariale sont généralement pris en charge par votre employeur. Mais dès que vous quittez l'entreprise, démission, licenciement, ou départ en retraite, ces frais basculent à votre charge. Le relevé annuel les détaille noir sur blanc.
 

Si vous avez changé d'employeur pour une entreprise disposant elle aussi d'un dispositif d'épargne salariale, vous pouvez transférer vos anciens plans vers votre nouveau teneur de compte. Cela permet de centraliser votre épargne et d'éviter de payer des frais sur des comptes dormants chez un ancien gestionnaire.
 

Votre épargne affiche une moins-value ? Pas de panique
Le relevé annuel montre aussi la performance de vos investissements sur l'année écoulée. Si 2025 n'a pas été un grand cru pour vos placements, la tentation de tout arbitrer peut être forte. Résistez-y.
 

Les marchés financiers sont par nature volatils. Les phases de baisse ont historiquement toujours été suivies de phases de reprise. En épargne salariale, cette prise de recul est d'autant plus importante que les horizons de placement sont longs : cinq ans minimum sur un PEE, et jusqu'à la retraite pour un PER. Ce que montre votre relevé est une photographie à un instant donné, pas une perte définitive, tant que vous n'avez pas retiré votre épargne.
 

Plutôt que de réagir à chaud, comparez la performance de vos fonds sur plusieurs années. Analysez-la au regard de votre profil de risque et de vos projets. Et si le doute persiste, certains prestataires d'épargne salariale proposent des rendez-vous gratuits avec des conseillers en gestion de patrimoine, pour faire un bilan personnalisé.
 

Ce qui change en 2026 : deux nouveautés à connaître
La hausse de la CSG sur les gains. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG de 1,4 point sur les gains issus de l'épargne salariale au moment du déblocage. Concrètement, les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % sur les plus-values réalisées lors d'un retrait depuis le 1er janvier 2026. En revanche, les prélèvements sur les versements d'intéressement, de participation et d'abondement restent inchangés à 9,7 % (CSG-CRDS).
 

Un déblocage exceptionnel à l'étude. Une proposition de loi est en discussion pour permettre aux salariés de débloquer de manière anticipée une partie de leur PEE en 2026, afin de soutenir la consommation. Le dispositif envisagé serait plafonné et limité dans le temps, sur le modèle de ce qui avait été mis en place en 2022. Ce dossier est à suivre de près si vous avez des projets à financer.
 

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